Voyage au benin: La Caravane Solidaire sur les chapeaux de roues au lac Ahémé

Après 2 heures de route, durant lesquelles nous commençons à nous familiariser les uns avec les autres, nous arrivons à Possotomé au bord du lac Ahémé, dans le sud du Bénin. Avant même notre entrée dans le village, nous sommes accueillis par une délégation d’écoguides et de locaux.

Au rythme de leurs chants et danses, nous entrons ensemble dans le village de Possotomé, qui jouxte le lac Ahémé. Tout est prêt pour la suite de notre accueil, qui nous a déjà fortement émus.

La cérémonie de réception continue par une allocution d’un responsable de l’association CLAT-Comité Local d’Action Touristique, qui nous souhaite la « bonne arrivée » et nous invite à en connaître plus sur l’Azandro, qui nous présente alors des danses.

Cette immersion dans la culture vaudou nous entraîne naturellement à découvrir leurs divinités et  leurs temples lors d’une balade au cœur de différents villages. Cette visite nous plonge dans des réalités culturelles telles que la forêt sacrée, où nul n’a le droit de pénétrer après la tombée de la nuit. On y retrouve les temples des différentes divinités présentes dans le village comme « Tolègba, Hêbioso, Zangbéto… ». Ce sont des lieux de rites vaudou qui permettent également de préserver les traditions séculaires et patrimoine naturel.

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Notre guide Lucien Kadja nous explique le rôle tant structurel que spirituel des divinités dans l’organisation villageoise. Il nous précise que les habitants, essentiellement des pêcheurs, n’ont pas besoin de service d’ordre extérieur tel que policiers, gendarmes ou autres. Ce rôle est joué par les divinités « Zangbéto » ou gardiens de nuit, qui patrouillent revêtus de bottes de raphia, et repèrent tout individu malintentionné. Seuls les « initiés » sont autorisés à déambuler la nuit dans les rues du village. Néanmoins si une urgence survenait, on peut faire appel à un « initié » qui escorte alors le demandeur dans ses démarches.

Après cette enrichissante promenade de découverte de la culture et des paysages autour du lac Ahemé, nous apercevons la source thermale de Possotomé, embouteillée sur place et vendue dans tout le Bénin. Son exploitation est confiée à une société française, qui a peu de considération pour les villageois ainsi que pour la préservation de l’environnement.

Nous nous retournons ensuite auprès des membres du CLAT, le rendez nous est fixé au camping bar restaurant « chez Préfet », un véritable gastronome qui nous a concocté pour l’occasion des délices dont le fameux « dakoin » à base de manioc et de poisson.

Le lendemain dès notre réveil, une nouvelle journée d’échanges nous attend, démarrant par une balade en barque guidée par les pêcheurs, ils nous racontent tout de leurs techniques de pêche, notamment au filet. Charles, notre Caravanier guadeloupéen, s‘avère le plus habile dans cet exercice, mais sa pêche n’est guère fructueuse… Pas plus hélas que pour les riverains du lac Ahémé.

L’ensablement du lac Ahémé ainsi que la disparition progressive de ses poissons est une véritable tragédie pour la population qui vit depuis des lustres quasi exclusivement de la pêche. Il a fallu donc rechercher d’autres sources de revenus pour la survie des riverains du lac Ahémé.

C’est partant de ce constat et du potentiel touristique du site que l’association a vu le jour avec la ferme intention de ses membres de devenir les acteurs de leur passé comme de leur avenir.

Qui pourrait mieux guider les visiteurs que les habitants ?

Des formations sont proposées en matière de guidage, d’hébergement et de restauration. Dans le respect de la nature et de la culture du lieu.

La rencontre avec les responsables de l’association nous permet de comprendre la genèse de cette structure communautaire et participative, appelée d’emblée à devenir autonome.

Créée en 2005 par 5 habitants du village avec l’appui de leur fils Gautier Amoussou, le responsable d’Eco-Bénin, le premier travail de l’association fut l’organisation de formations indispensables à un bon contact avec les visiteurs. Reconnue officiellement par les autorités locales, l’association poursuit aujourd’hui son objectif de développement par l’écotourisme, de renforcement des compétences et  d’amélioration du niveau de vie de la communauté de Possotomé.

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Nous nous rendons le lendemain dans la localité de Comè, sur le site d’un projet de pisciculture abandonné depuis des années par les autorités en charge de l’agriculture et de l’élevage. Le lieu est plus ou moins exploité aujourd’hui par les voisins, avec le soutien d’Eco Bénin.

L’idée est de reconstituer la mangrove, un écosystème indispensable à la reproduction de la faune halieutique lacustre. On replante donc des palétuviers, un arbre extraordinaire qui permet également de freiner l’érosion des berges du lac Ahémé. Nous participons à la plantation avec d’autant plus d’enthousiasme que cette « Action Carbone » nous permet de compenser symboliquement les émissions de CO2, que nous produisons lors de nos déplacements, notamment avec la Caravane.

L’équipe communication de la caravane : KOUNOUHO Luc, Charlotte THARREAU,Uliana Ortega, Caterina Manca di Villahermosa

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