L’enterrement au Bénin : une expérience aux antipodes de la culture européenne !

Durant mon séjour à Possotomé, j’ai eu l’occasion de participer à une fête d’enterrement. Cela s’est passé de manière tout à fait inattendue et improvisée.

Nous marchions dans la rue avec une collègue d’Eco-Bénin et nous sommes passés devant un endroit où la musique était mise à fond et les gens buvaient et mangeaient.

Nous avons continué notre route en pensant que c’était une fête quelconque mais après avoir dépassé l’endroit d’une trentaine de mètres, un homme nous a interpellé en nous demandant de le rejoindre pour boire un verre ensemble et discuter.

Ce monsieur s’appelait Cyprien et était béninois. Après un peu d’hésitation et de méfiance de notre part, on a fini par accepter et par suivre Cyprien.

Dès qu’on est arrivé sur place, il nous a fait assoir, offert du Sodabi (alcool local), une bière, un soda et à manger.

On a alors demandé en quelle occasion ils faisaient cette fête et la réponse nous a beaucoup surpris : il nous a expliqué que sa mère était morte et que c’était la fête d’enterrement.

Les gens autour de nous buvaient, mangeaient, riaient et dansaient. L’enterrement était vécu comme une réelle fête !

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Cyprien nous a raconté qu’après avoir versé des larmes, on célébrait la mort de la personne pour qu’elle puisse partir en paix vers l’au-delà.

C’est une manière de percevoir la mort qui est fort différente du point de vue européen. Personnellement j’ai trouvé cette façon d’approcher la mort très intéressante et positive : au lieu de se lamenter sur le fait qu’on ne verra plus la personne, on la célèbre et on lui souhaite un bon voyage vers je ne sais où…

L’enterrement ne se limitait pas à cette fête dont on a été témoins. Le jour précédent, on avait vu un groupe passer en chantant et en jouant de la musique (ils venaient d’acheter un cercueil) et on a entendu toute la nuit des chants qui provenaient de l’endroit où l’on célébrait l’enterrement (c’était la veillée). La fête a duré tout le weekend.

 

Voilà ou réside l’intérêt d’aller visiter des lieux tels que Possotomé : on est en contact direct avec la culture béninoise et les habitants du village ce qui nous permet d’aller au-delà des beau paysages et de découvrir la manière de vivre et même de mourir des locaux…

 

 

Jérémie Evrard, stagiaire chez Eco-Bénin

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Une réflexion au sujet de « L’enterrement au Bénin : une expérience aux antipodes de la culture européenne ! »

  1. Chez nous, on célèbre la mort comme on célèbre la vie car la mort est une autre vie. On accueil une naissance par la boisson et la nourriture, symbolique de la joie et on accompagne le mort dans les mêmes formes. Ces cérémonies ont un sens spirituel profond. Dieu a donné, Dieu a repris, nous lui rendons grâce. Dans les croyances populaires béninoises, l’âme est éternelle et les mondes de Dieu sont incommensurables. Quand il y une naissance ici, c’est parce qu’il a dû une mort ailleurs et quand il y a une mort ici, c’est parce qu’il y une naissance ailleurs. Ainsi donc, la naissance et la mort sont les deux versants d’une même réalité. C’est la vie éternelle. Notre culture reconnait la réincarnation de l’âme. Chez nous, c’est la joie qui accompagne le mort et qui lui ouvre les voies de l’au-delà, autrement, il serait emprisonné dans mondes intermédiaires. L’âme du défunt de devant pas être triste.

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